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Scuplture de Jean Arp auprès de la Allgemeine Gewerbeschule Basel.

La restauration des œuvres d’art en pierre et en béton: quelques comparaisons

Lorsque du béton fraîchement coulé est décoffré, il est revêtu en surface d’une mince «peau» de ciment, de couleur gris clair et généralement lisse. Avec le temps, les intempéries et les processus de dégradation qu’elles entraînent réduisent l’épaisseur de cette couche. Le monument prend ainsi un aspect plus sombre et sa surface devient granuleuse. Il n’existe pas de stratégie universelle qui nous indiquerait comment traiter la matière des monuments d’art lors de restaurations. Il faut cependant ouvrir un débat sur une question essentielle: jusqu’à quel point une œuvre d’art qui a vieilli doit-elle, ou peut-elle, être «belle» après sa restauration? À partir de quel moment la retouche cosmétique devient-elle une falsification?

Du point de vue de la technologie des matériaux, on constate que l’application de béton cosmétique standardisé sur des surfaces de béton vieilli provoque des différences de teinte qu’il faut ensuite corriger à la peinture. Or, l’utilisation de peinture couvrante va à l’encontre de l’intention de l’artiste, qui a voulu que le matériau soit apparent, et elle n’entre donc pas en ligne de compte. Quant à la méthode qui recourt à des retouches portant sur de grandes surfaces, elle peut résoudre le problème de l’aspect du monument pour quelques années, mais cette «nouvelle peau» appliquée sur certaines parties de l’œuvre ne résistera pas durablement aux intempéries, ou alors seulement au prix d’un constant entretien.

Les quatre œuvres d’art présentées dans l’article ne sont pas des pièces de musée: constamment exposées aux intempéries, elles sont sujettes à des processus d’altération. Dès leur première présentation au public, elles ont eu pour vocation d’être en relation avec l’époque, l’esprit du temps et leur environnement spatial. Il ne suffit pas de respecter les intentions artistiques de leurs créateurs: on doit aussi tenir compte de certaines exigences esthétiques. Lorsque l’on envisage de prendre des mesures de conservation ou de restauration, il est donc indispensable de réaliser une évaluation de l’objet en question en tenant compte de l’ensemble des critères susmentionnés, sans omettre, naturellement, celui du coût de l’opération. Cette évaluation devrait être confiée à une équipe interdisciplinaire.

Image: Archive Tobias Hotz, Weinfelden

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